Sujets variés en fonction d'événements parfois inattendus. Mon blog est apolitique et non confessionnel
Les mésaventures de notre grand-mère
Notre grand-mère paternelle était connue pour être une femme de caractère (pas toujours du meilleur, d'ailleurs; je pense qu'elle devait être une descendante de la bâtarde de Marie Anne de Neubourg - voir mon précédent article) mais également pour son élégance, sa propreté poussée jusqu'à une maniaquerie maladive qui lui valut bien des déboires.
Sans être une Madame 100.000 volts, elle avait un tempérament "électrique" d'une vivacité incroyable dans ses réparties, ses actions, et aussi un courage extraordinaire pour lutter contre la maladie (que ce soit des siens ou d'elle-même) ou accomplir un travail épuisant - elle avait plus de 70 ans lorsqu'elle prit sa retraite des "Dames de France", le plus grand magasin, alors, de Bayonne, où elle étiquetait à longueur de journée des piles d'assiettes et autre vaisselle.
Toujours en mouvement, on la voyait sans cesse : laver, frotter, astiquer, repasser etc... cela n'était pas sans conséquences et lui valait parfois des réactions violentes de la part de certaines voisines.
Elle fut, comme tous les membres de notre famille, victime de plusieurs aventures cocasses dont celle qui suit.
Ah ! les vaches !
La tradition veut qu'au moment des Fêtes de Bayonne, aient lieu des courses de vaches landaises.
Cette année là, Mamy nous avait offert, pour la Saint Dominique (fête de ma soeur) des places pour assister à une de ces manifestations.
N'arrivant pas à se décider sur la toilette qu'elle devait porter, nous avions laissé notre grand-mère faire son choix et étions parties gagner nos places respectives sur les gradins.
Alors que les organisateurs avaient fait dégager la place faisant office d'arène, pour lâcher la première vachette, on vit arriver Mamy (aucune similitude avec le bovin !) aussi digne qu'un matador, puis prendre ses jambes à son cou ; on commençait à ouvrir la porte du toril.
Vers la fin de la course, lorsqu'on voulut faire rentrer l'ultime vachette, celle-ci prit la poudre d'escampette pour arriver au niveau du dernier rang des gradins, où nous nous trouvions et que nous venions de quitter pour retourner chez nous. Je ne sais par quel mystère ce fut Mamy qui se trouva face à face avec l'animal, se jaugeant mutuellement (deux landaises en présence !). Vous ne le croirez pas ! ce fut la vachette qui capitula !. Non ! Pas d'illusion ! La bête ne fut pas impressionnée par la grand-mère, qui était restée sur place comme tétanisée, mais ramenée au bercail avec l'aide d'une autre vache appelée "mère" et de son gardien.
Suite à cette aventure, notre aïeule fut victime, pendant trois jours, d'un certain désordre intestinal.