Sujets variés en fonction d'événements parfois inattendus. Mon blog est apolitique et non confessionnel
Gri-Gri
- Année 1944 - La guerre était déjà bien installée dans notre pays. La vie au quotidien devenait de plus en plus difficile, principalement pour le ravitaillement.
Un jour, cependant, la belle-fille de mon parrain fit savoir à maman qu'un généreux châtelain dans l'Allier, prenait en pension des enfants des écoles parisiennes. Moi, je n'allais pas encore en classe, mais, Michou, qui avait une douzaine d'années, devait partir au château des Millays. Elle proposa à maman de demander à ce Monsieur s'il acceptait également de m'héberger. Non seulement , je fus acceptée mais aussi maman.
Nous partîmes donc passer quelques mois dans cette jolie demeure.
Les dépendances abritaient une écurie et, dans cette écurie, un très gentil cheval qui nous conduisait tous les dimanches à la messe sous la direction de "Tata Louise" la gouvernante.
La robe de l'animal étant d'un gris pommelé, on avait appelé l'équidé GRI-GRI.
Il m'était interdit de pénêtrer, seule, dans l'écurie, mais il suffisait qu'on m'interdise pour que je passe outre. Lors d'une de mes visites à "Gri-Gri, où j'avais commencé à lui faire mes confidences, quelqu'un arriva soudain.
Craignant d'être prise en faute, je me cachai derrière mon meilleur ami. Le nouveau venu voulut saisir le licou de l'animal qui, pourtant docile d'ordinaire, recula, je reçus un coup de sabot dans le genou ce qui me provoqua une belle estafilade.Contrairement à mon habitude de hurler au moindre "bo-bo", je serrai les dents ; la crainte de me faire gronder étant plus forte que la douleur.Le cheval et l'homme, qui ne s'était rendu compte de rien, étant partis, je restai là un long moment, serrant mon genou avec mes petites mains pour ralentir l'écoulement du sang. Puis j'entendis Maman qui m'appelait, me cherchant sans doute. Quand les appels se furent éloignés, précautionneusement, je sortis de l'écurie, boitant sérieusement.
Arrivée au milieu de l'allée centrale, recouverte de gravier, j'aperçus au loin ma mère, je l'appelai, accentuant ma claudication et pleurant à chaudes larmes. Maman accourut, suivie d'une employée.
Le personnel fut en émoi ce jour là : la "mascotte" s'était blessée !.Tous crurent que j'étais tombée sur le gravier.
Je ne les en ai pas dissuadés et ne me suis pas vantée de ma visite à GRI-GRI.