Sujets variés en fonction d'événements parfois inattendus. Mon blog est apolitique et non confessionnel
TOUTOU ll
Le chien-loup
La leçon de dressage
Jimmy, le 2ème chien à être entré dans notre famille, a été le plus hargneux de nos chiens envers les étrangers, surtout après le décès de notre père qu'il vénérait. Même notre grand-mère était tout juste tolérée.
Un soir que nous avions invité une tante à souper, je dus tenir l’animal en laisse, restant assise dans l'entrée, afin que celle-ci puisse dîner et bavarder tranquillement avec ma mère et ma sœur ; il ne supportait pas sa voix suraiguë (pas plus lorsque je jouais de la guitare : soit que j'interprétais mal "Recuerdos de la Alhambra" de Tarrega, soit, qu'il n'avait pas ses grandes oreilles musiciennes).
Le moins qu'on puisse dire c'est que notre compagnon avait du mordant. Personne ne pouvait le caresser hormis notre trio - et encore, c'était chacune à notre tour - sans risquer un coup de croc. Toutefois, maman était sa préférée, normal ! elle préparait sa pitance !. Durant tout le moment de cette préparation, notre « 4 pattes » s'allongeait en travers de la porte de la cuisine, en interdisant son accès, afin que nous ne venions pas distraire Maman dans sa sérieuse tâche. Ensuite, nous pouvions aller et venir, alors qu'il mangeait, cela lui était indifférent. Pour sa défense, il obéissait un peu mieux que nos autres chiens, non sans avoir voulu, d'abord, nous impressionner par ses énormes crocs. De plus, il était honnête, jamais il ne nous a fauché quelque chose. Par contre, en raison de sa gourmandise légendaire, nous pouvions obtenir beaucoup de lui. Une cousine disait même "Jimmy est tellement gourmand, qu'il se prostituerait pour un carré de chocolat ou une crêpe". Une année, étant restée seule avec lui pendant que Maman et ma sœur étaient encore en vacances, j'ai voulu mettre à profit cette gourmandise pour essayer de lui faire faire un numéro de dressage. Avec un peu de patience, j'étais arrivée à lui faire m'apporter sa gamelle restée dans la cuisine. Parvenu devant moi, dans la salle à manger, il tendait la gueule pour que je lui prenne le récipient ; je mettais dedans du chocolat, qu'il croquait, puis il reportait la gamelle dans la cuisine. Lorsque Maman et ma cadette rentrèrent de vacances, toute fière de mon exploit, je demandai à l'animal d'aller chercher son écuelle. Ce que je n'avais pas prévu c'est, qu'arrivé à la salle à manger, les crocs du chien riperaient sur le bord de l'assiette contenant encore le légume qu'il n'avait pas consommé. Toutou II se trouva, ainsi, le crâne ceint, non pas de sa couronne royale, mais de la gamelle, d'où sortaient des petits paquets de riz tombant sur son museau puis sur le linoléum récemment ciré. Ce soir là, maman me servit la meilleure des soupes à la grimace (comme on dit dans le Sud-Ouest, j'eus droit à une "soupe de mus").