Sujets variés en fonction d'événements parfois inattendus. Mon blog est apolitique et non confessionnel
Une des réalisations de Gustave EIFFEL
Le pont du chemin de fer Gustave EIFFEL
Quelques années après la création de la gare du Midi (actuellement gare de Bayonne)et des premières liaisons de chemin de fer, la Compagnie du Midi obtient la concession de la ligne Bayonne-Irun. Les voies doivent donc traverser l’Adour et la Nive. La construction de deux ponts, un sur chacun des fleuves s’avère nécessaire. Les travaux s’annoncent colossaux. L’Etat les autorise en janvier 1862.
Contre l’avis des Bayonnais, qui préfèrent un solide pont de pierre, la Compagnie du Midi choisit le projet d’un tout jeune ingénieur, Gustave Eiffel. Il a vingt-six ans et sa notoriété n’est pas encore assise. Spécialisé dans les techniques relativement nouvelles des constructions métalliques, il établit naturellement les plans d’un pont de fer. L’ouvrage traversant l’Adour, totalise une longueur de deux cent soixante-dix mètres, auxquels il faut ajouter de chaque côté les treize mètres de culées supportant les ouvertures. Il doit accueillir deux voies ferrées, une voie « charretière » et deux trottoirs destinés aux piétons.
La Compagnie réalise les premiers essais en 1864. Afin d’éprouver la résistance du tablier, quatorze wagons chargés et pesant trente mille kilos chacun sont disposés sur les deux travées du pont. Le résultat est probant et les futurs usagers, venus en masse admirer l’opération, se sentent rassurés. Finalement, la grande modernité de l’œuvre de Gustave Eiffel obtient l’estime de tous.
Un grave accident
La construction du pont sur l’Adour ne se fait pas sans mal. L’ensemble des matériaux employés, en fer et en fonte, totalise trois millions deux cents mille kilos. Les ingénieurs prévoient huit piliers pour supporter cet énorme poids qu’ils disposent, par paires, sous le tablier. Afin d’assurer leur stabilité, ils doivent les enfoncer profondément sous le sol instable du lit du fleuve. Pour arriver au bout de leur projet, ils font appel à de très puissants appareils à vapeur produisant de l’air comprimé. Grâce à ces machines impressionnantes, ils arrivent à faire pénétrer très profond sous le niveau de l’eau les éléments des piliers, formés de tronçons de fonte d’un mètre de hauteur sur trois mètres soixante de diamètre. Ils sont ensuite comblés de ciment et de pierraille qui les stabilisent, tout en leur assurant une résistance à toute épreuve.
C’est au cours de cette opération qu’un grave accident endeuille l’équipe de construction du pont, le 3 février 1863. Alors que le travail est pratiquement fini, et qu’une des piles a été poussée à près de vingt mètres de fond, une terrible explosion secoue tout le quartier. Probablement une fausse manœuvre a rompu le tube conduisant l’air comprimé . La déflagration fait trembler la totalité de l’ouvrage ! Trois ouvriers périssent dans ce drame qui émeut beaucoup la population. Avec lui, elle découvre que les merveilleuses machines issues des progrès industriels de la seconde partie du XlXè siècle peuvent avoir de malheureux revers.
Références : Livre "AUTREFOIS BAYONNE" de Philippe SALQUAIN - Editions atlantica